Cérémonie du 17 août – Discours de Dominique Lain, Maire du Luc-en-Provence – Conseiller Départemental du Var

Nous voici réunis, comme tous les 17 août, devant le monument aux Morts, pour nous souvenir de la libération de notre ville du
Luc-en-Provence.
Ici, avec fidélité, chaque année, les Lucois se retrouvent.
Par notre rassemblement, par la richesse de la diversité qu’ils représentent, par nos prises de parole, par l’exécution de l’hymne national et des chants patriotiques, par le dépôt de gerbes symboliques, nous accomplissons les rites républicains de la commémoration.
Commémorer, ce verbe d’action porte en lui deux notions :
Celle de la mémoire,
Celle de la dimension collective.
Car si commémorer c’est faire mémoire, c’est avant tout faire mémoire ensemble.
La commémoration, par sa répétitivité rigoureuse, repousse les assauts de l’oubli et ceux non moins graves de l’indifférence.
Car si le temps qui s’écoule inexorablement, 76 années à ce jour, certes, il cautérise la douleur, mais il porte aussi en lui le germe de la perte de connaissance des faits et de la conscience qui s’y attache.
C’est également, au nom de cette connaissance, de cette conscience, de cette mémoire, que nous déposons une gerbe sur l’esplanade Jean-Pierre Bisbal, ce jeune cuirassier, d’à peine 20 ans, enterré au cimetière du Luc-en-Provence.
Il était l’un des quatre membres d’équipage tués dans le char Tonnerre, char détruit par un obus allemand à l’entrée du Luc-en-Provence, un certain 17 août 1944.
Mais au-delà de cette indispensable vivification de la mémoire, la cérémonie d’aujourd’hui nous donne, j’en ai la conviction, d’utiles clefs pour le présent.
Elle ne se cantonne pas à un rappel émouvant du passé, elle agit comme un vaccin qui nous interpelle sur la nécessité de protéger notre République, des dérives intégristes que nous constatons partout dans le monde.
Pour cela, nous avons une première réponse en puisant dans les valeurs et dans l’histoire que nous célébrons aujourd’hui.
Nous avons non seulement le devoir, mais aussi le besoin d’évoquer les heures sombres de la défaite, de rappeler les affres de l’occupation pour regarder avec lucidité les faiblesses qui favorisaient cette dérive d’un monde inhumain et de célébrer l’engagement humaniste de nos soldats, et de nos résistants qui se sont levés avec courage et patriotisme pour faire émerger une certaine idée de la personne humaine.
Je n’oublie pas dans cet engagement nos amis des pays alliés avec une attention particulière pour l’armée américaine.
Commémorer la Libération du Luc-en-Provence nous rappelle un passé glorieux et douloureux, en même temps que cela nous convoque pour être des acteurs d’un avenir meilleur, avenir à bâtir ensemble par delà nos irréductibles différences.
Commémorer la Libération du Luc-en-Provence nous convie à la fidélité, à l’audace de l’engagement, à la capacité du rassemblement, au courage et à la volonté.
Enfin, commémorer la Libération du Luc-en-Provence, c’est ne jamais abandonner l’espérance et de se rappeler combien notre devise Liberté Égalité et Fraternité est fragile, combien elle est d’actualité et surtout, combien elle mérite notre engagement pour la développer et la protéger.
76 ans après, c’est aussi, Mesdames et Messieurs, le message que nous laissent tous les libérateurs de la ville du Luc dont nous commémorons à cet instant la mémoire.
Je vous remercie pour votre attention
Dominique Lain