Commémorations du 11 novembre 2016

Vendredi 11 novembre, ont eu lieu les traditionnelles cérémonies de commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918, en présence du Maire, Pascal Verrelle, de nombreux élus, de représentants des associations d’Anciens Combattants, et de soixante-dix enfants issus des différentes écoles de la commune.

 

A noter que le Maire a également procédé à l’inauguration du rond-point Charles Met, Ancien Combattant né au Luc en 1921, ayant combattu sur divers théâtres d’opérations, et étant récipiendaire de nombreuses distinctions civiles et militaires.

 

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Ci-dessous, le discours du Maire prononcé au monument aux Morts :

 

Mesdames et Messieurs les Elus,

Messieurs les Officiers, militaires, et Anciens Combattants

Mon Père,

Mesdames et Messieurs,

 

11 novembre 1916 : la bataille de Verdun entre dans son dixième mois. Dans le froid glacial des tranchées de la Meuse, les deux parties déversent chaque jour, l’une sur l’autre, un torrent d’obus.

 

Reclus dans leurs tranchées, pétris par le froid et la peur, souvent affamés et épuisés, les soldats français ont dû faire face à l’artillerie lourde de l’armée allemande pendant plusieurs mois. Depuis l’automne, toutefois, les Poilus ont repris l’avantage. Le 24 octobre, à l’issue d’une bataille ardue, les Français reprennent à l’ennemi le fort de Douaumont. Tout un symbole !

 

Il faudra cependant attendre la fin du mois de décembre, pour que toutes les positions conquises par les Allemands soient reprises par nos armées.

 

Au lendemain de la bataille, le bilan apparaît tout aussi dramatique qu’inédit : près de 300 000 morts, et d’autres centaines de milliers de disparus, de blessés, de mutilés… Soit plus de 1 100 tués par jour. Au plus fort de l’affrontement, on a dénombré jusqu’à 4 000 pièces d’artillerie. En dix mois, ce ne sont pas moins de 53 millions d’obus qui ont été déversés sur le champ de bataille. Un véritable torrent de feu.

 

La bataille de Verdun présente un bilan humain historiquement lourd mais un bilan militaire nul. A l’issue de l’affrontement, en décembre 1916, les positions françaises et allemandes demeurent identiques à ce qu’elles étaient en février, au moment où les Allemands ont lancé leur offensive. S’il est admis que Verdun constitue une victoire française, l’issue du combat n’engendrera que peu de conséquences stratégiques pour la suite des hostilités.

 

Une bataille pour rien, sinon pour l’honneur. L’honneur, oui, car c’est cela que la France retiendra de ses enfants tombés à Verdun, comme sur tant d’autres champs de batailles. L’honneur qui est un principe commandant de ne pas commettre un acte qui ferait perdre l’estime qu’on a de soi.

 

En 1524, au soir de la bataille de Pavie, alors que ses armées sont battues malgré une résistance acharnée, et qu’il est lui-même fait prisonnier, François Ier écrit à sa mère : « Tout est perdu, fors l’honneur ». Honneur des Poilus, donc, qui n’ont pas cédé un pouce de terrain à l’ennemi. Honneur de la France, fière de ses enfants tombés pour elle.

 

Honneur et postérité, car encore 100 ans plus tard, dans toutes les communes de France, la population a une pensée pour le sacrifice de ces héros. Chaque ville, chaque village, chaque hameau possède un monument aux Morts, sur lequel sont gravés les noms des Poilus morts au combat.

 

Elément souvent méconnu, rappelons que la 1ère Guerre Mondiale a causé bien plus de morts pour la France que la Seconde. Elle devait être la « der des der », « plus jamais ça », déclaraient les Européens, sonnés et ahuris par la brutalité d’une telle guerre. Malheureusement pour notre continent, il n’en fut rien, et l’Europe connut un conflit bien plus intense, et bien plus meurtrier encore que celui-ci.

 

C’est la raison pour laquelle je voudrais également rappeler l’importance de la paix. Je me félicite qu’aujourd’hui, les Européens puissent vivre en harmonie. En présence des officiers et militaires de la base franco-allemande, je tiens à saluer l’amitié qui nous lie désormais au peuple allemand, et l’importance que j’y accorde moi-même.

 

Malheureusement, nous commémorerons dans deux jours à peine, le 1er anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, lorsqu’en plein Paris, la terreur islamiste massacra 130 Français. Assassinés parce que Français, assassinés parce qu’Européens. Notre civilisation subit depuis plus de vingt ans une attaque frontale, nos valeurs, notre héritage, notre identité, sont pris pour cibles. Aussi, en ces temps incertains et difficiles, alors que le monde fait face à une brutale transformation, je souhaite que les Européens s’unissent autour des vraies valeurs qui ont forgé notre histoire : amour de sa terre, bravoure, ardeur au combat, sens du devoir.

 

Malgré les années, malgré le temps qui passe, malgré cette repentance qu’on voudrait nous imposer, malgré ce patriotisme qu’on voudrait cacher, notre reconnaissance à l’égard des sauveurs de la patrie doit demeurer intacte. Je vous remercie donc, toutes et tous, pour votre présence ici, afin de rendre hommage à ceux qui, selon le mot de Pierre de Pibrac, « ont aimé l’honneur avant leur propre vie ».